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Systèmes
Rendre un métier pilotable.
Des outils de gestion conçus depuis le terrain : CRM, ERP, plateformes de données. On part du fichier réel d'une entreprise, on cherche la règle qui manque, et on la rend manipulable.
Profil · 2026
Je dessine et je code. Depuis quinze ans je conçois des systèmes pour des métiers précis : des outils de gestion, des visualisations, des installations, des identités. À chaque fois je modélise quelque chose, puis j’en fais une surface qu’on peut manipuler.
01
Rendre un métier pilotable.
Des outils de gestion conçus depuis le terrain : CRM, ERP, plateformes de données. On part du fichier réel d'une entreprise, on cherche la règle qui manque, et on la rend manipulable.
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Comprendre ce qui émerge.
Simulation, visualisation, apprentissage automatique. Des systèmes où quelques règles simples produisent une complexité qu’on ne sait pas encore lire, et les instruments pour la lire.
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Faire tenir une idée dans un lieu.
Scénographie, installations immersives, temps réel. Le son, la lumière, la matière et le code deviennent un seul dispositif, dans lequel un corps entre.
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Donner une image à ce qui n'en a pas encore.
Direction artistique, identité, motion, édition. Dix ans de commande (Longchamp, Chanel, Red Bull, le CERN, la Biennale de la danse) où la forme devait porter un propos.
Manifeste · 8 mouvements
Je travaille sur un instant. Le même depuis quinze ans, sous des formes qui n'ont pas l'air de se ressembler.
I
Il existe un court instant où les choses deviennent. Sans qu'on sache trop pourquoi ni comment, une main invisible déclenche quelque chose, et comme une traînée de poudre la machine du réel se met en marche. Dès lors le chaos n'est plus, des motifs apparaissent, une structure se dessine. Ainsi le sens émerge du néant. Les choses sont.
C'est cet instant que je cherche : le passage d'un état désorganisé à un état organisé, la façon dont des règles simples produisent de la complexité. La question traverse tout ce que j'ai fait, qu'il s'agisse d'une nuée d'oiseaux, d'un réseau de neurones ou du logiciel de gestion d'un garage.
II
Je ne me suis jamais orienté vers un domaine de prédilection. J'ai toujours éprouvé une certaine frustration à l'idée de me spécialiser, comme si choisir une discipline revenait à accepter d'avance de ne voir qu'une face du problème. Je préfère associer différentes aptitudes afin d'obtenir un condensateur.
Dessiner et coder sont pour moi le même geste : donner une forme à ce qui n'en avait pas, pour qu'un esprit puisse s'en saisir.
III
Contact
Disponible. Paris · remote Europe.
hello@zaccarie.fr ↗Les fractales ont cela de singulier qu'elles mettent en évidence l'émergence de l'ordre à travers le chaos. Une entreprise aussi.
Ce que j'ai d'abord cherché dans trois cent mille étoiles, dans les collisions du LHC, dans un arbre phylogénétique ou dans un banc de poissons, je le retrouve dans le fichier de gestion d'un garage : des corpuscules qui, ensemble, forment un réseau tangible, un mouvement, une forme remarquable. Une visualisation scientifique et un outil de gestion partent de la même masse d'information illisible et en font une surface sur laquelle quelqu'un peut agir.
La différence est que le garagiste décide quelque chose le lendemain matin.
IV
La pertinence d'une donnée dépend avant tout de ce qu'on souhaite lui faire dire. Elle n'a de valeur informationnelle que dans un contexte.
J'ai écrit cette phrase bien avant de construire des logiciels, et elle est devenue une règle d'ingénierie : partout où le dénominateur manque, mes outils affichent vide, jamais zéro. Un zéro se moyenne, se cumule, contamine ce qu'il touche, et finit par produire un tableau de bord qui ment avec assurance. Une absence se voit.
V
Je tiens de Popper qu'une théorie ne se prouve jamais : elle résiste, jusqu'à preuve du contraire. La vérité scientifique est relative, dépendante des tests réalisés, jamais absolue.
Appliqué au travail, cela donne une discipline simple et inconfortable : formuler l'hypothèse avant l'expérience, et publier aussi quand elle tombe. Dans mes recherches en intelligence artificielle, j'ai plus de résultats réfutés que de résultats confirmés, et ce sont les réfutations qui m'ont appris le plus.
Dans mes produits, cela se traduit par des refus : un modèle qu'on n'apprend pas parce que les données ne le permettent pas, une prévision qu'on ne publie pas sous le seuil où elle aurait un sens, une classification automatique qu'un humain doit valider avant qu'elle ne s'applique.
VI
Je m'oppose à l'approche cartésienne, objet, élément, analyse, disjonction, contrôle, au profit d'une approche systémique. Là où l'une isole, l'autre relie ; là où l'une exécute un plan, l'autre conduit une stratégie avec ses points de contrôle et de réorientation.
C'est pour cela que je commence par le fichier réel : le tableur qu'une entreprise tient depuis dix ans, avec ses colonnes bricolées, ses erreurs de division et ses conventions que personne n'a jamais écrites. Le métier s'y trouve déjà décrit par ceux qui l'exercent. Il reste à le lire, et à le rendre manipulable.
L'outil que j'en tire met en forme une intelligence qui existait avant moi, dispersée chez les gens qui font le travail.
VII
Je me donne depuis longtemps le même cahier des charges : concevoir un outil qui soit lisible et fonctionnel lorsqu'il est fixe, et qui prenne tout son sens lorsqu'il est mis en mouvement.
Cela valait pour un zootrope, cela vaut pour une interface : rien ne doit dépendre d'une animation pour être compris, rien ne doit rester inerte une fois qu'on y touche. La complexité va dans le système, jamais dans ce qu'on demande à celui qui s'en sert.
VIII
Pourquoi quelque chose plutôt que rien. Le temps est-il discret ou continu. L'information est-elle le substrat de la réalité (Wheeler racontait avoir cru d'abord que la matière était faite de corpuscules, puis de champs, avant de comprendre qu'elle était faite d'information). Si l'on simule parfaitement une conscience, est-ce une conscience.
Je ne prétends pas répondre. Je fabrique des objets qui rendent ces questions un peu plus tangibles et je les laisse ouvertes.
L'harmonie est un cas particulier du chaos. Le chaos est un mal nécessaire : sans lui le monde serait immuable, gravé dans l'immobilisme. Tout ce que je construis tient dans cet équilibre, assez d'ordre pour qu'on puisse s'en servir, assez de désordre pour que quelque chose puisse encore advenir.